Visites

 864016 visiteurs

 5 visiteurs en ligne

Film documentaire réalisé en 2007 par Pierre CARLES et Eric MARTIN

 

http://www.youtube.com/watch?v=1_O1wmI6ZSk&feature=related

 

 

choron_derniere.jpg
L'affiche du film par VUILLEMIN




"CHORON, DERNIERE" est un portrait filmé du professeur Choron réalisé par Pierre Carles avec le dessinateur/réalisateur Martin. Ce dernier avait travaillé avec le professeur Choron sur son livre "tout s'éclaire". Ils ont aussi collaboré au mensuel "ZOO" (dont Martin était le rédacteur en chef).

Une époque en image et en mots.
À travers le personnage sulfureux du professeur Choron, Pierre Carles et Eric Martin nous proposent un retour dans le temps. Ils nous emmènent dans l’ambiance enfumée de la rédaction d’Hara Kiri et des débuts de Charlie Hebdo. Les joutes verbales, les provocations et les transgressions vont bon train, l’époque est à la rébellion et à l’insoumission. Le film fouille le passé pour éclairer le présent, il s’attache à un personnage controversé pour mieux montrer « l’affadissement » politique d’aujourd’hui. Pierre Carles, à son habitude, traque, arnaque, démasque, et l’on découvre le trouble, la gêne, le malaise autour d’une époque révolue et d’un homme définitivement libre. L’ombre de Choron règne, son énergie, sa prestance, ses enseignements, sa présence révélatrice de talents. Aujourd’hui il est mort, qui se souvient de ce personnage hors du commun et de son rôle dans la presse française ?

" Le professeur Choron était un gentleman déguisé en salaud. Il a passé sa vie à rire avec talent d’une société de salauds déguisés en gentlemen "
Yann Kerninon, collaborateur du mensuel "ZOO"



Pierre CARLES

En 1988, Pierre Carles obtient son diplôme de journaliste-reporter d'images (JRI) à l'IUT de Bordeaux. Peu après, il est embauché à Télé Lyon Métropole. Mais il est renvoyé après avoir mis en boîte un patron local dans un sujet...

Après un passage à L'Assiette anglaise de Bernard Rapp, et à Tranches de cake, où il expérimente un style proche de celui de Jean-Yves Lafesse (harcèlement d'hommes politiques, visites sans-gêne et pinailleuses d'appartements de vedettes), il se retrouve chroniqueur chez Christophe Dechavanne à TF1, d'où il se fait licencier en 1992 après s'être moqué de Jean Bertolino (52 sur la Une) et Jean-Pierre Foucault (Sacrée Soirée) à l'antenne.

Ecarté de la télévision, Pierre Carles va désormais attaquer le système de l'extérieur, en réalisant par exemple un film sur la vraie-fausse interview de Fidel Castro par PPDA. Le film devait être diffusé sur France 2, mais Hervé Bourges, le PDG de l'époque, refuse sa diffusion pour "des raisons confraternelles". Dès lors, Carles travaille pour Strip-Tease, l'émission qui "déshabille", pour laquelle il réalise une dizaine de sujets. Et pas seulement sur les médias (un portrait du chauffeur de Chirac, la directrice de la maison de retraite de feu Jeanne Calment...).

En 1995, Pierre Carles réalise le documentaire Pas vu à la télé pour Canal Plus sur la connivence entre médias et hommes politiques. De ce projet jamais diffusé, il tire un film qui sort sur grand écran en 1998 sous le titre Pas vu pas pris. En 2001, il présente La Sociologie est un sport de combat sur le philosophe Pierre Bourdieu, puis Enfin pris ? un an plus tard, qui fait la synthèse de ses deux premiers longs métrages.

En 2003, le journaliste s'attaque à l'emploi avec le documentaire Attention danger travail, où, à travers des entretiens avec des personnes au chômage, le réalisateur montre que ne pas travailler ne représente pas forcément un inconvénient. En 2007, Pierre Carles poursuit son exploration du monde du travail avec le documentaire Volem rien foutre al pais où il critique le système qui, selon lui, abolit massivement le travail mais qui continue de le présenter comme "norme et fondement irremplaçable de notre dignité".

 

 

 

 

 

 

 

chron_derniere_deux.jpg

PROFESSION : CHORON

UN BARBARE ARISTOCRATE

NAISSANCE DU PROJET

 

 

 

 

 

 

 

Depuis quelques années, on avait peu de nouvelles du professeur Choron. On savait qu’il était criblé de dettes et qu’il voyait défiler les huissiers dans les locaux historiques de la rue des Trois Portes où avec sa compagne Sylvia, le dessinateur Vuillemin et quelques colporteurs, il sortait encore de temps à autre le journal La Mouise, vendu dans la rue. Le colportage, la vente de journaux à la criée : c’était un retour au métier de ses débuts. Il n’avait pas vraiment le choix. En 1992, les anciens de Charlie étaient partis rejoindre Philippe Val dans une nouvelle formule de Charlie Hebdo. Et un procès perdu pour récupérer le titre l’avait définitivement éloigné de son ancienne bande. C’est au moment où il commençait à être malade et n’avait plus guère de soutiens, que le dessinateur Martin, ex-rédacteur en chef du magazine Zoo, me demanda de l’aider à réaliser un film sur Choron.
Georges Bernier, alors en convalescence dans sa maison d’Aubréville, avait donné son accord. La réalisation de ce film allait, selon ses dires, « lui permettre d’oublier un temps sa maladie ». Il fallait faire vite parce que Choron n’était pas en grande forme. Il avait contracté une maladie du sang qui l’obligeait à se rendre toutes les semaines à l’hôpital Necker pour une transfusion.
Nous avons donc tourné les dernières images du Prof sans financements et à l’arraché.

 

 

 

 

IL FAUT SAUVER LE PROFESSEUR CHORON

 

 

 

 

Il existait des archives télévisées sur Choron dès le milieu des années 60, quand on commença à entendre parler d’Hara Kiri. Assez vite, il nous parut judicieux de se concentrer sur la période de sa vie antérieure, celle qui courait des années 40 à la fin des années 50, de son enfance puis adolescence pendant la seconde guerre mondiale jusqu’à son retour de la guerre d’Indochine et ses débuts de colporteur à Paris, étapes décisives dans la genèse du professeur Choron. Il n’existait que peu de traces de ces périodes de sa vie en dehors de quelques photos et d’un livre autobiographie écrit par Choron avec Jean-Marie Gourio. Pour filmer ses débuts, nous prîmes la décision d’enregistrer le récit de ces épisodes de sa vie sur les lieux mêmes où ils avaient eu lieu. Pour son enfance et adolescence, nous nous sommes rendus à Aubréville, en Argonne, près de la maison de ses parents où il continuait d’habiter la majeure partie de l’année. Pour évoquer l’Indochine, nous sommes allés avec lui à Marseille d’où il avait embarqué en bateau, puis à la bambouseraie d’Anduze dans ce qui pouvait vaguement ressembler à un paysage indochinois (à défaut d’avoir les moyens d’aller au Vietnam !). Enfin, nous bouclâmes le tournage à Paris où il était venu s’installer à la fin des années 50, période durant laquelle il rencontrera Cavanna avec qui il fonda Hara Kiri.
Nous étions persuadés qu’il n’y avait pas de meilleur guide que Georges Bernier pour raconter de manière « choronienne » la genèse du professeur Choron. Nous spéculions sur le fait qu’il se montrerait sous un grand jour devant notre caméra toute acquise. Nous faisions le pari qu’il se lancerait dans de brillants numéros d’improvisation verbale et ne manquerait pas de se comporter en véritable barbare aristocrate sur ses terres. Cela devait être suffisant pour réhabiliter le bonhomme (puisque l’objectif premier de notre tournage était de montrer que le vrai Choron n’était pas le provocateur de service qui apparaissait encore de temps à autre à la télévision, mais plutôt un créateur d’art brut d’un genre nouveau, un poète méconnu). Et nous faisions pari qu’il suffisait de lui demander de relater différents épisodes de sa vie devant notre caméra pour enregistrer le Choron de nos rêves.

 

 

 

 

LE TOURNAGE

 

 

 

 

En réalité, pendant ce temps passé avec Choron, nous avons filmé le show d’un vieil acteur ayant bien du mal à ne pas singer sa propre caricature. On devinait les ficelles de comédien, on voyait le cabotinage, on sentait les formules toutes faites, les bons mots cent fois répétés. Mais malgré cela, de temps à autre surgissaient un propos génial, une intuition fulgurante, bref, ce que Cavanna avait décrit dans Bête et méchant, le troisième tome de son autobiographie (après Les Ritals et Les Russkofs): « La présence de Choron me stimulait et m’irritait tout à la fois. M’irritait parce qu’il pense tout haut, il faut qu’il formule le moindre embryon d’idée qui lui vient, il le pose sur la table, et là seulement il se rend compte si ça mène quelque part ou si c’est con sans espoir. Naturellement, c’est, neuf fois sur dix, con sans espoir, alors il le remet dans sa culotte pas vexé. (…) Je ne veux pas dire que Choron ne sort que des conneries. Il lui vient des fulgurances à tomber le cul par terre. Une forme d’esprit sidérante. Déconcertante est le mot juste. Et quand il tient la forme, c’est le plus fort de nous tous. »
Durant ces quelques journées passées en sa compagnie, à Aubréville, à Marseille, à Anduze et enfin à Paris, nous n’avons peut-être pas filmé un Georges Bernier au meilleur de sa forme mais des restes – de beaux restes – du professeur Choron. Cela suffisait à notre bonheur. Il n’est pas si fréquent de nos jours de rencontrer des individus ayant conservé durant toute leur vie un regard aussi féroce et enfantin sur le monde sans perdre de vue le dérisoire des existences humaines, ayant gardé jusqu’au bout cette capacité rare de ne jamais censurer ce qui leur passe par la tête. Choron faisait partie de ces extra-terrestres. Si bien que rien de ce qu’il faisait, y compris d’excessif, n’était jamais totalement dénué de charme et d’élégance.

 

 

 

 

UN DOCUMENTAIRE A BASE D’ARCHIVES

 

 

 

 

Le film tel qu’il se dessine désormais est le récit de ce tournage, l’histoire de fans du professeur Choron qui se sont mis en tête de réhabiliter le prof et sont allés le sortir de sa tanière pour lui demander de faire un dernier tour de piste. Lors de notre road-movie au pays de Choron, ce dernier nous avait confié une véritable malle au trésor : ses archives vidéo, et notamment l’intégralité des rushes du journal de bord vidéo que lui avait commandé la chaîne cryptée Canal + en 1998. Choron nous avait également confié l’un des rares exemplaires existant des deux cassettes vidéo Hara Kiri, non rééditées en DVD et toujours inédites sur le petit écran, qui montraient à quel point il avait été pillé, copié par des comiques qui n’avaient jamais réussi à dépasser l’original. Enfin, en discutant avec Lefred-Thouron, un autre fan du professeur Choron, nous avons découvert une série d’archives vidéo montrant cette fois-ci Choron, enregistrant des chansons avec le groupe « Tes baisers ont le goût de la mort », lors d’un mémorable tour de chant en Lorraine. Ces archives que nous découvrions parallèlement à notre tournage constituaient pour nous d’instructifs flash-back sur l’œuvre protéiforme et inclassable de Choron.

 

 

 

 

CHORON, DERNIERE

 

 

 

 

Aujourd’hui, toutes ces images de Choron, notamment notre tournage (période 2003/2004) ont acquis le statut de documents d’archives. Aussi c’est comme telles que nous les utiliserons dans notre documentaire. Elles figureront en flash-back dans un récit dont le présent de narration sera constitué par les réactions de la bande de Charlie Hebdo (ou ce qu’il en reste) à la disparition de Georges Bernier. Plusieurs entretiens ont été réalisés avec Cabu, Cavanna, Marc-Edouard Nabe, Philippe Val, Vuillemin, Wolinski. Certains minimisent l’importance du professeur Choron ou le dénigrent, d’autres le considèrent comme un prophète méconnu. Entre ces propos s’intercaleront différents documents, soit allant dans le sens des propos tenus par nos interlocuteurs, soit venant en contrepoint de ce qui a été dit. En proposant au spectateur de refaire avec nous le chemin qui nous a amené à vouloir réhabiliter le professeur Choron, en nous plongeant dans ces archives méconnues, nous essaierons de rappeler l’importance qu’il a eu pour les gens de notre génération et plus généralement pour les libres-penseurs et les réfractaires de tout poil.

Avant Hara Kiri et Charlie Hebdo, il n’y avait rien. Il y avait Ici Paris et France Soir » écrit dans son journal Marc-Edouard Nabe. « Les dessinateurs qui sont désormais lancés, les publicitaires qui peuvent utiliser des gros mots, les écologistes, les acteurs de café-théatre, les animateurs des radios libres, les imitateurs, les actrices de films pornos, les cinéastes underground… : tous sont redevables à « Charlie ».
Toute la France s’est régalée de leurs conneries ! ».
On ne mesure peut-être pas bien aujourd’hui, en 2005, l’influence des journaux créés par le professeur Choron. En plus des mythiques Hara Kiri et Charlie Hebdo, Georges Bernier a lancé le premier journal véritablement écologiste (La Gueule ouverte dont le journal La Décroissance se réclame aujourd’hui) et d’autres moins connus mais tout aussi singuliers comme Grodada (le premier journal pour enfant non gnan-gnan, avec le dessinateur Charlie Schlingo), et La Mouise (où son fidèle complice Vuillemin pouvait exprimer tout son talent). En produisant au début des années 80 les « cassettes vidéo Hara Kiri », Choron et son équipe réussirent alors ce que Les Nuls ou d’autres comiques n’atteindront jamais quelques années plus tard : réaliser une adaptation audio-visuelle réussie de l’humour « bête et méchant ». Le professeur Choron était aussi l’auteur-interprète de quelques chansons mémorables qui lui valurent de chanter à l’Olympia en première partie du groupe Odeurs dans les années 80. Bref, Georges Bernier était un touche-à-tout génial. Ce n’était pas simplement cette grande gueule qui s’exprimait crûment ou lâchait des gros mots sur les plateaux de télévision, rôle auquel le petit écran le cantonnait, mais un « barbare aristocrate » pour reprendre l’expression de Marc-Edouard Nabe. Le Bernier vu à la télé (qui se servait de ce dernier comme emmerdeur de service et figure haute en couleurs) a fini par occulter le vrai professeur Choron. Georges Bernier alias Professeur Choron est mort le 10 janvier 2005. Il était âgé de 75 ans. Les quelques articles nécrologiques parus dans la presse française ont insisté essentiellement sur le caractère scatologique de son humour ou sur l’aspect provocateur du bonhomme. Personne ne rappelait l’essentiel, à savoir qu’avec Georges Bernier, c’est non seulement l’un des grands patrons de la presse française qui disparaissait mais un artiste à part entière, unique en son genre : le professeur Choron.
Personne, mieux que l’écrivain Marc-Edoaurd Nabe, n’a su décrire Choron : « Georges Bernier n’est pas un grand artiste. Il n’écrit pas, il ne dessine pas : il est. Son art c’est sa prestance. Choron parle en vers, fredonne par rimes tous ses propos. Il émet des octosyllabes, et plus fréquemment des heptasyllabes. Son discours se dirige vers la psalmodie. Il improvise de véritables litanies, gueule solennellement des homélies d’ordures jusqu’à les étirer en lancinante prosodique. Les sourcils en accents graves et le regard entre guillemets, il récite comme un moine tibétain les déchirantes et immondes prières que sa dérision sans limite lui inspire ».
Ce n’est pas sur cet aspect de sa personnalité que l’on insista dans les jours qui suivirent sa mort. On repassa en boucle les images de ses coups de gueule à la télévision, comme à l’émission Droit de réponse. On ne montra pas en revanche les vidéoclips de ses chansons (notamment celui tourné dans un décor dantesque, au milieu des quartiers de viande sanguinolents d’un abattoir) ou les sketches vidéo d’Hara Kiri aux côtés desquels ceux des émissions des Nuls ou des Inconnus passent pour des saynètes d’enfants de cœur. Parmi les articles nécrologiques, seul celui de Yann Kerninon, collaborateur du mensuel « choronien » Zoo, lui a rendu justement hommage : « Le professeur Choron était un gentleman déguisé en salaud. Il a passé sa vie à rire avec talent d’une société de salauds déguisés en gentlemen : notre société. (… ) Le professeur Choron était-il vulgaire ? Oui et très consciemment. Parce que la vulgarité grasse, truculente, rabelaisienne, consciente, joueuse et affirmée est la toute dernière chose qui sépare encore les non-bourgeois véritables des antibourgeois aigris, des vieux bourgeois réac et des jeunes bourgeois bohèmes. »
Les dernières années de sa vie, Choron avait été lâché par la plupart de ses collaborateurs des années 60 et 70. Cabu, Cavanna, Gébé, Willem, Wolinski, s’étaient éloignés de lui en rejoignant le chansonnier Philippe Val pour lancer une nouvelle formule de Charlie Hebdo. Sous l’impulsion de Val, Charlie Hebdo changea fondamentalement. Ce dernier soutiendra l’intervention militaire de l’OTAN au Kosovo (alors que Charlie Hebdo était à l’origine un journal farouchement anti-militariste), appellera à voter pour le candidat « libéral-libertaire » Daniel Cohn Bendit aux élections européennes de 1999 (alors que l’ancienne formule de Hara Kiri avait lancé la candidature anarchiste-burlesque de Coluche en 1981 pour « leur foutre au cul »), et soutiendra, comme TF1, Le Nouvel Observateur, Le Monde, Libération, L’Express ou Le Figaro, le « oui » au référendum sur le traité constitutionnel européen (alors que Charlie Hebdo avait toujours été un journal résolument anti-conformiste). Contrairement à ses anciens camarades devenus des institutions du dessin de presse (Cabu, Willem), décorés de la légion d’honneur (Wolinski) ou auteurs de livres à succès (Cavanna, Gourio), le professeur Choron, lui, est toujours resté un esprit réfractaire, viscéralement anti-consensuel et irrespectueux. Si, parmi les fondateurs d’Hara Kiri, quelqu’un est resté fidèle jusqu’au bout à l’esprit anarchiste du journal « bête et méchant », c’est bien lui.



Pierre CARLES

 

 

 

 

C’est un fou génial à cheval entre le sublime et le dérisoire. C’est scandaleux que la télévision reste fermée à lui ou le caricature, alors que tous les membres de Hara Kiri sont adulés dans une gloire engendrée par sa seule énergie. Finalement Choron aura péché par manque d’égoïsme. Il se sera sacrifié pour les autres : Coluche, Cavanna, Wolinski, Cabu et cie. C’est un éleveur de vedettes et lui, personne ne le connaît, Hara Kiri l’a dissimulé.

Francis Paudras, critique de jazz

 

 

 

 

 

 

 

FILM "CHORON,DERNIERE" – Interview de MARTIN par Marc BIHAN ( 2007 )

 

 

 

 

 

 

 

choron_derniere.jpg

 

 

 

 

Le 10 janvier cela fera déjà trois ans que le phare du 10 rue des trois portes s’est éteint... Pour ne pas oublier ce que Choron a apporté aux quelques rares humoristes encore drôles dans ce pays, Martin, qui est auteur pour le Groland, et Pierre Carles ont réalisé un magnifique documentaire afin de mieux cerner ce personnage unique et hors du commun qui nous manque terriblement.

Le film "Choron dernière" est-il bien distribué dans les salles ?

 

 

 

 

Pour l’instant « Choron Dernière » n’a été préacheté par aucune télévision française. Or un film qui n’a pas de préachat télé a fort peu de chance de sortir en salles. C’est pourquoi on fait tourner « Choron Dernière », même dans sa version non finalisée, dans les festivals en attendant de trouver l’argent pour le sortir. Et l’écho qu’il rencontre lors des projections est au-delà de toutes nos espérances. Ce qui nous fait plaisir avec Pierre, c’est quand on voit des jeunes venir nous dire qu’en leur faisant découvrir Choron - qu’ils ne connaissent généralement pas - on leur fait prendre conscience qu’ils vivent dans un monde rempli d’interdits et de morale dégoulinante. La liberté de ton de Choron les fait bander. Moins les chaînes de télé, apparemment. Choron fait encore peur, même mort…



Il n’y a plus de presse satirique en France, comment expliques-tu cela ?

 

 

 

 

Tout simplement parce que c’est une marchandise à emmerdements. Quand on a sorti « Zoo » avec Faujour et Berth, un journal dans lequel collaboraient Choron, Vuillemin et Schlingo, on s’est mangé un tas de procès. Les sommes demandées par la justice étaient astronomiques au regard des ventes du journal. Résultat, trop de fric a servi à payer les amendes et « Zoo » a coulé. La censure aujourd’hui ne se fait plus par l’interdiction du journal, comme cela a été le cas pour Hara Kiri, mais par le fric. Pour preuve, l’éditeur de « Zoo » a fini avec un contrôle fiscal. Quand tu vois qu’en plus, des tarés religieux sont prêts à te faire la peau pour un malheureux dessin qui se moque de leur religion, quel éditeur aura le courage de nos jours de sortir en kiosques un vrai journal satirique ? Je te laisse chercher, je vais me chercher une bière….

 

 

 

 

 

 

 

Choron a énormément influencé un tas d’artistes, c’est pour rendre hommage à ce personnage si injustement inconsidéré, et pour remettre les pendules à l’heure, que tu as fait ce film avec Pierre Carles ?

 


Attention, on ne prend pas Choron pour un dieu. Notre but n’est pas de le hisser sur un piédestal car on montre aussi ses mauvais côtés dans le film. Finalement, c’est Choron lui-même qui emporte l’adhésion du public. Parce qu’il est naturellement drôle, touchant même. Il m’entendrait dire ça, il me balancerait son verre de champagne à la gueule en me traitant de connard. Il détestait qu’on dise qu’il était quelqu’un de bien. Le film est aussi là pour rappeler que Choron n’était pas, comme certains aiment à le penser, qu’un provocateur. Choron a été l’un des plus grands patrons de presse français. En publiant « Hara Kiri » et « Charlie Hebdo », il a donné un écho national à une nouvelle forme d’humour dont tout le monde s’inspire encore aujourd’hui. Comme le dit Marc Edouard Nabe, Choron est le diamant brut sur lequel tous les humoristes sont venus gratter quelques éclats. Sans lui, pas de « Nuls », pas de « Guignols », pas de « Groland ». À « Groland », on revendique complètement sa filiation, on en est même fiers. La semaine de sa mort, Moustic a présenté toute l’émission, déguisé en Choron, mais on n’a pas évoqué son décès. Parce que pour nous, l’esprit de Choron est toujours vivant…Ne serait-ce que dans les conneries qu’on peut écrire dans « Bienvenue au Groland ».

 

 

 

 

Les humoristes sont tous mièvres et politiquement corrects en ce moment. Quels sont ceux qui trouvent grâce à tes yeux ?

 

 

 

 

Sans hésiter Sacha Baron Cohen dans « Borat ». Ça m‘a scotché. Borat est pour moi ce qui se rapproche le plus cinématographiquement de l’esprit « Hara Kiri ». Tu vois quelqu’un produire ça en France ? Je te laisse encore chercher, je vais me chercher une autre bière…

 

 

 

 

Groland est-il le dernier endroit où l’on peut encore rire de tout ?

 

 

 

 

Oui…Et on n’en est pas fiers pour autant parce que le vrai problème c’est qu’ailleurs on n’a le droit de rire de rien. Ou l’humour est tellement au ras des pâquerettes que t’as envie de te tirer une balle en entendant les sketches des soit-disants nouveaux comiques. Pour revenir à Groland, je trouve que Benoît Delépine dégage la même énergie qu’un Choron. Même après vingt verres dans le nez, il est capable de trouver une idée géniale ou de remuer ciel et terre pour créer un festival du film grolandais, tourner un film, organiser un entartage géant. C’est ce genre de dingues qui rendent la vie plus belle. Choron disait que notre passage sur terre ne dure qu’une demi-seconde. Pourquoi le passer à se faire chier ?



Connais-tu les réactions de Val, Cabu et Wolinski suite à la sortie de ton film ?

 

 

 

 

Le film n’étant pas sorti, il n’y a pas de réaction. Mais on les attend et on est prêt.

 

 

 

 

Wolinski y passe pour un être infect et pitoyable n’ayant aucune reconnaissance envers celui qui l’a fait connaître. Cabu est complètement à la botte de Val. Quant à ce dernier, je n’en parle même pas... Quels sont tes sentiments face à tant d’ingratitude envers Choron ?

 

 

 

 

Je vois surtout trois humoristes qui sont devenus terriblement tristes et qui cherchent à gommer Choron de l’histoire de Charlie Hebdo, comme on gommait les gens gênants sur les photos staliniennes… Je peux comprendre que tout n’ait pas été rose lorsque Choron était gestionnaire et que certaines rancoeurs aient subsisté. Mais franchement, si le prof n’avait pas balancé ses couilles dans le potage pour publier leurs dessins et croire en leur talent, seraient-ils devenus les caricaturistes qu’ils sont aujourd’hui ? Bien que le niveau ait beaucoup baissé. Les dessins de Wolinski dans « Le Journal du Dimanche » et dans « Paris Match » sont nullissimes ! Je ne te parle même pas des sommes astronomiques que Choron a dû trouver pour payer les procès engendrés par les unes d’Hara Kiri ou les visuels photos. C’est simple, quand Choron est mort, il était endetté jusqu’au cou. Pendant ce temps, Cabu, Val et Wolinski buvaient leur bière chez Lipp.

 

 

 

 

On voit Cavanna très ému à l’évocation de son vieux pote Choron. Pourtant on sent qu’il n’est pas facile pour lui de prendre position, on le sent sous l’emprise de Val. Tu penses qu’il regrette d’avoir retourné sa veste à une période ?

 

 

 

 

Je ne sais pas, je ne suis pas dans sa tête. Mais ce qui est sûr, c’est que Cavanna démonte dans le film la théorie défendue par Cabu et Wolinski qui veut que ce soit Cavanna qui ait tout inventé dans Charlie Hebdo. Il remet Choron à sa juste place. La place d’un vrai créateur.

Beaucoup l’ont lâché à la fin de Charlie Hebdo ; heureusement il restait les fidèles comme Vuillemin, Berroyer, Nabe, Schlingo et d’autres. Y avait-il une famille Choronienne ?

Oui et tu viens de citer tous ses apôtres. Ah non, il en manque un : saint Lefred Thouron.

 

 

 

 

Que penses-tu de la nouvelle version de Charlie Hebdo avec Val à sa tête ?

 

 

 

 

Franchement, même en étant un ancien d’Indo, Choron n’aurait jamais eu l’indécence d’encourager la guerre du Kosovo ou la guerre du Golfe comme l’a fait le nouveau Charlie. Val a fait d’un journal de voyous un journal de moralistes. À partir du moment où tu te positionnes sur l’échiquier politique, tu es dans l’obligation de démontrer que le camp adverse a tort. Donc, tu dois passer pour quelqu’un d’intelligent, qui a le sens de l’analyse, de l’à propos. Et tu deviens chiant, comme Val. Le rêve de Val est de devenir un grand éditorialiste que l’on invite sur tous les médias pour déballer sa science infuse et ses fumeuses théories sur le siècle des Lumières. La seule chose qu’on peut accorder à Charlie, c’est qu’ils n’ont pas flanché dans l’affaire des caricatures de Mahomet. En même temps, pour un journal qui se dit satirique, c’est le minimum syndical. Mais je suis certain que, même dans cette affaire, Choron aurait trouvé un angle d’attaque inattendu qui aurait fait chier les deux camps. En tout cas, il ne se serait jamais drapé dans les atours d’un grand défenseur de la liberté d’expression comme a pu le faire Val.

 

 

 

 

Quels sont les meilleurs souvenirs que tu garderas de tes moments passés avec le professeur ?

 

 

 

 

Tous, sans exception !… J’adorais aller rue des Trois Portes dans son bureau, j’étais toujours bien reçu. Un petit coup de blanc et hop ! on bossait pour « Zoo » ou le bouquin « Tout S’éclaire ». Avec le prof, j’étais sûr de me marrer trois heures non-stop. Je me rappelle d’un soir où il a mis tout le monde à la porte vers 21 heures En nous raccompagnant au métro, il a croisé sur le chemin un groupe de musiciens roumains. Ni une ni deux, il est parti acheter du champagne dans une épicerie voisine et nous a réinvités chez lui. Les musiciens ont joué et se sont retrouvés avec la casquette du prof remplis de billets de 50 balles. Ils sont ressortis complètement bourrés et ont gagné en deux heures ce qu’ils devaient difficilement gagner en une semaine.

 

 

 

 

Et l’anecdote qui t’as fait le plus marrer en sa compagnie ?

 

 

 

 

C’est lorsqu’on est allé sur un plateau télé pour faire la promo de « Zoo ». Dans les coulisses, MC Solaar, qui était un grand fan du prof, est venu le voir pour lui dire toute son admiration. Choron a demandé à MC Solaar s’il savait ce qu’était un Noir ? Solaar a répondu : « Non ! ». « Soixante kilos de connerie dans une combinaison de plongée » lui a rétorqué le prof. Putain, t’aurais dû voir la gueule d’MC !

 

 

 

 

Quelle est l’image que tu aimerais que les gens aient de Choron après avoir vu ton film ?

 

 

 

 

Yann Kerninon, ancien collaborateur de « Zoo », l’a très bien résumé : « Choron était un gentleman déguisé en salaud qui a passé sa vie à rire avec talent d’une société de salauds déguisés en gentlemen ».

 

 

 

 

Aura-t-on un jour la chance de voir diffuser ce film sur Canal malgré l’altercation houleuse de Pierre Carles et De Greef lors du festival du film grolandais ?

 

 

 

 

Le jour où Canal mettra du pognon dans un film de Pierre Carles il faudra faire officialiser le miracle par le Vatican ! Pierre s’est carbonisé à Canal avec son premier film « Pas vu, pas pris ». La direction de l’époque où officiait Alain De Greef, n’avait pas aimé ses méthodes d’investigation. De Greef reprochait à Pierre d’avoir piégé des stars de la télé en leur posant des questions dérangeantes sur le rapport médias-pouvoir. Ce qui est marrant, c’est qu’à la même époque, l’intelligentsia française encensait Michael Moore, dont on connaît aujourd’hui les méthodes de travail carrément douteuses. Il suffit de voir ce qu’il raconte sur le système de santé français dans son dernier film « Sicko » pour s’en assurer. Mais Michael Moore critique le système américain. Ça ne mange pas de pain, et ça fait plaisir à tout le monde. Par contre si tu oses critiquer le système français, tu te retrouves très vite sur le banc de touche. Je trouve honteux que le film de Pierre Carles, « La sociologie est un sport de combat », seul documentaire réalisé sur le sociologue Pierre Bourdieu, n’ait jamais été diffusé sur une chaîne publique française alors qu’il est par exemple projeté dans des universités américaines. Ça fait vraiment mal au cul après ça de payer sa redevance !

 

 

 

 

Pour quand est prévue la sortie en dvd de "Choron dernière" ?

 

 

 

 

Comme pour les autres films, après sa sortie en salle. Et ce n’est pas gagné ! Y a-t-il un de vos lecteurs qui a 100 000 euros à nous filer pour terminer le film ?

 

 

 

 

Lors d’une émission de télé, l’écrivain Alain Soral comparait Choron à Dieudonné et affirmait que si le prof était encore vivant aujourd’hui il soutiendrait certainement Le Pen ! Que répondrais-tu à Soral ?

 

 

 

 

D’abord que c’est un gros tas de merde ! Ensuite qu’il faut être méchamment culotté pour se substituer à Choron et prétendre savoir ce qu’il aurait fait pendant les élections. D’ailleurs il n’aurait rien fait. Choron considérait la classe politique comme un troupeau d’ânes et je l’ai toujours entendu conchier Le Pen. Mais c’est marrant que tu parles de Dieudonné. Il y a sur Dailymotion, l’intégrale d’une émission TV diffusée il y a quelques années, dans laquelle Marc Edouard Nabe moque l’antifascisme de Dieudonné (qui à l’époque se présentait à Dreux contre le Front National) et analyse que si ce dernier est anti-Le Pen c’est justement parce que Le Pen le fait bander. Regardes comment a fini Dieudonné. En train de serrer la main du borgne après les élections présidentielles ! Sauf que tu ne verras jamais Nabe, que des bien pensants comme Gérard Miller traitent de fasciste, dans une fête des Bleu Blanc Rouge. C’est un peu comme pour Choron. Les valeurs sont inversées. Les ordures ne sont pas toujours celles qu’on croit.

 

 

 

 

Quels sont tes projets à venir après ce documentaire ?



Me saouler la gueule. Tu veux une bière ?

 

 

 

 

 

PROJECTION EN AVANT-PREMIÈRE Mardi 30 SEPTEMBRE 2008 à 20h30 en présence de Pierre CARLES, un des deux réalisateurs (achetez vos places à l’avance, à partir du Samedi 20 Septembre).

 

 

 

 

 

CHORON, DERNIÈRE

 

 

 

 

Pierre CARLES et Éric MARTIN

 

 

 

 

documentaire France 2008 1h30mn
avec Georges Bernier dit « Choron », Cavanna, Cabu, Sine, Vuillemin, Wolinski, Philippe Val...

 

 

 

 

C’était le temps béni où les églises faisaient le plein le dimanche, où la masturbation rendait sourd, où l’enfer pendait au nez des femmes adultères, où la tentation valait péché et le péché enfer et damnation… Les animateurs polis de la sage ORTF usaient d’un français délicieusement châtié et Brassens faisait figure de vilain petit canard, boycotté dans les familles convenables comme par les radios. Une contestation larvée commençait à couver un peu partout alors que les enfants de l’après-guerre abordaient en nombre une puberté qui n’allait pas tarder à virer iconoclaste. Avec l’inconscience d’une génération qui a échappé au pire et découvre une forme de confort en même temps que les injustices et aberrations d’un monde peu apaisé, il se mit à lui venir une envie de flanquer des coups de pied furibards et vengeurs dans le nid d’interdits et d’ennui qui l’empêchait de respirer. Maintenant que tous avaient à peu près de quoi bouffer et la sécurité sociale, les yeux se dessillaient. On ne se cachait plus pour vomir l’armée et la guerre, l’objection de conscience s’imposait comme un droit, Georges chantait les morpions de la marquise et il devint de notoriété publique que ça s’agitait ferme sous la soutane des curés, qui ne tardèrent pas à la jeter aux orties.

 

 

 

 

C’est dans ce climat là qu’Hara Kiri pointa son vilain nez : impertinent, grossier, provocateur, pas joli, pas poli, il grattait là où les interdits faisaient mal, moquait la bien pensance et les hypocrisies d’une société qui se livrait à ses petites saloperies en se drapant dans des airs de morale… Hara Kiri, c’était le gros éclat de rire farceur, rageur, grinçant qui servait de révélateur à l’obscénité réelle des choses, aux mensonges en tout genre, savait trier entre conscience et mauvaise conscience. C’était une sorte de bras d’honneur salutaire qui ne compta pas pour des prunes dans le grand courant d’air de 68 et, tout en se marrant de ses propres énormités, laissait entrevoir dans un formidable exercice de lucidité les maux qui allaient prendre toute leur ampleur dans les décennies à venir (ah ! Fournier…). On se l’arrachait, on le volait, on le prêtait aux copains…À l’initiative : Choron, Cavanna… Deux déconneurs grand teint, bons vivants, bon buveurs, anars irréductibles qui firent d’emblée équipe avec une poignée d’impertinents que la pêche de Choron poussait à aller plus loin qu’ils n’auraient jamais osé peut-être aller sans lui, provoquant une sorte d’émulation qui transformait les conseils de rédaction en parties de rigolade arrosées d’abondance. Ce fut l’époque des meilleurs dessins du sublime Reiser, de Gébé, Siné, Wolinski, Cabu, Topor, des formidables chroniques de Fournier, etc.Harcelé de procès, interdit de paraître pour manque de respect au grand Charles pour avoir titré le lendemain de sa mort « Bal tragique à Colombey = 1 mort ! » (en référence à l’incendie de la discothèque du 5/7 qui avait fait 146 morts peu avant) Hara Kiri devint Charlie Hebdo pour se saborder à nouveau, suite à des difficultés financières, mais aussi peut-être parce que l’air du temps n’était plus ce qu’il était… en décembre 81… Quand Val reprit le titre avec une nouvelle équipe, Choron ne fut pas du voyage, on se fâcha, on se fit des procès… quelques piliers du début restèrent et de nouveaux talents apparurent mais les temps avaient changé et sous la houlette de Val, Charlie devint moins provocateur, plus consensuel, prenant ses distances avec l’ancien Charlie et encore plus avec Choron : seul le fidèle Cavanna leva son verre et sortit sa plume lorsqu’il passa l’arme à gauche en janvier 2005, rappelant qu’il n’avait pas compté pour des prunes dans la vie de Charlie Hebdo.

 

 

 

 

Choron dernière, c’est un peu une justice rendue à un bonhomme qui en faisait des tonnes, brandissait sa quéquette molle et pitoyable comme un étendard, s’en prenait à toutes les formes de connerie humaine mais savait reconnaître les talents et les fédérer. On trouve dans le film de Carles et Martin moult extraits d’émissions, des petits films rigolos et des grosses blagues lourdingues. Pas poli, pas joli… Choron continua jusqu’au bout à donner dans la provocation, humain, foutrement humain jusque dans ses aspects peu reluisants, mais assumés jusqu’à la dernière seconde, à fondre quand il papote avec ses vieux voisins dans son village natal.Charlie Hebdo d’hier, Charlie Hebdo d’aujourd’hui… les temps ont changé et un journaliste interpelle Val à Cannes après que la nouvelle équipe en cravate et costard ait monté les marches du Palais pour présenter C’est dur d’être aimé par des cons : l’ancien Charlie Hebdo aurait-il pu se trouver en situation de monter les marches du Festival de Cannes ?…

 

 

 

 

choron_derniereprojection.jpg



CHORON DERNIERE – Jeudi 2 octobre 2008

Soirée mémorable pour moi, puisque j’ai assisté à la projection de « Choron Dernière » de Pierre CARLES et Eric MARTIN à Toulouse au Cinéma Utopia.

 

 

 

 

Eric MARTIN, en tournage était absent, mais Pierre CARLES était sur place pour assurer la présentation de leur film qu’ils préparent depuis environ 5 ans ; je les remercie très sincèrement de m’avoir cité dans le générique final, puisque nous avons eu quelques correspondances par mails dans lesquels j’ai essayé de compléter à leur demande leur documentation déjà très riche.

Ce film m’a comblé, tout comme l’ensemble de l’assistance qui a bien ri ; j’y ai retrouvé l’image du personnage que je m’étais faite ( un peu idéalisée puisque je n’ai jamais côtoyé le Prof et en particulier dans ses excès ), partagée par ces passionnés souhaitant lui redonner sa réelle dimension d’artiste, bien supérieure au tableau très réducteur de provocateur alcoolo et scato sortant sa bite que les médias ont su conserver.

Le film sortira en salles le 14 janvier 2009 puis plus tard en DVD.

Je met en bonus la nouvelle mouture de l’affiche revue par VUILLEMIN et la présentation du film par Pierre CARLES que j’ai enregistrée ( à son insu ) avec un dictaphone de poche laissant une petite trace sonore de l’évènement.

 

 

 

dictaphone.jpg

 

 

choron_derniere_2009.jpg


CHORON DERNIERE: le 8 pages distribué au public lors des projections,
cliquez sur la photo ci-dessous pour y accéder...
8derniere_mign.jpg

 

 

 

 

CHORON DERNIERE: 7 janvier 2009



Ce jour de sortie du film dans les salles, une émission radio est consacrée au film sur France Inter:
"La bas si j'y suis" émission de Daniel Mermet de 15 h00 à 16 h 00
Avec Pierre Carles (co-réalisateur) et Delfeil de Ton, Willem et Arthur (anciens de Hara Kiri et Charlie Hebdo)

le lien pour écouter l'émission
http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=1589

 

 

 

 

 

 

FLUIDE GLACIAL – n° 392 - février 2009

FGChoronDerniere.jpg


ECHO DES SAVANES – n° 277 - février 2009

EDSChoronDerniere.jpg


DVD CHORON, DERNIERE

DVDchoronderniere0001.jpg

DVDchoronderniere0002.jpg
 

 

 

 

Le DVD du film est sorti et sera en vente dès le 7 décembre 2009 sur le site atheles ( lien ci-joint ); commandez et profitez-en pour vous procurer les autres réalisations de Pierre CARLES ( un belle idée de cadeaux originaux pour les Fêtes ! )

 

http://atheles.org/cpproductions

 

 

 

 

 

 

 

 


Date de création : 27/01/2008 21:07
Dernière modification : 15/11/2012 19:50
Catégorie : Vidéos - TV - Cinéma -
Page lue 9026 fois
Précédent  
  Suivant